Budget Participatif : ce n’est pas la taille qui compte

Nous en savons plus sur l’état du Budget Participatif en France, grâce à une étude d’Antoine Bézard pour le compte de la Fondation Jean Jaurès. Elle nous renseigne sur les objectifs à tenir pour établir durablement ce levier de participation dans nos mœurs démocratiques : c’est désormais sur les communes de moins de 5 000 habitants que repose la croissance de la démarche.

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Le 26 février 2020, Antoine Bézard publiait un rapport annuel pour la Fondation Jean Jaurès sur les budgets participatifs mis en place sur l’ensemble du territoire. Ses enseignements sont positifs, identifiant une large augmentation des communes engagées dans la démarche. Sur la période 2014-2019, le nombre de collectivités territoriales qui ont mis en place un budget participatif est passé de 7 à 170. Ces chiffres attestent de l’engouement croissant que suscite le dispositif. C’est donc près de 19 millions de français qui peuvent prendre part à un budget participatif dans 141 communes, 19 départements et une région, l’Occitanie.

L’expansion des budgets participatifs se poursuivra à travers leur développement dans les communes de moins de 5 000 habitants. En effet, alors qu’elles représentent 94 % des communes françaises (dont 14 473 sont des communes de 500 à 5 000 habitants), elles ne sont qu’une dizaine à avoir mis en place un tel projet. Comme le souligne Antoine Bézard, le faible recours au budget participatif pour les petites communes s’explique par la faiblesse des ressources humaines et financières dont elles disposent.

Pourtant, le potentiel d’une campagne de budget participatif réussie est immense. Leur taille réduite devrait considérablement faciliter la communication et donc l’adhésion des citoyens à la démarche. Nous sommes prêts à miser sur des taux de participation record, à une époque ou la proximité et le lien social à échelle locale redeviennent des tendances populaires.

Quelle que soit la taille du budget annuel d’une commune, il nous semble aujourd’hui indispensable d’en laisser une fraction à la disposition des habitants avec le souci permanent de l’intérêt général. Les pouvoirs municipaux ne sont pas dessaisis de leurs compétences budgétaires et demeurent toujours garants de la faisabilité et de l’exécution, plus que jamais au service de leurs citoyens.

L’enjeu est donc d’accompagner ces communes – ou bien les intercommunalités – de manière adaptée, la démarche restant somme toute nouvelle. C’est pourquoi les professionnels (coucou) sont là et leur expérience s’accumule : les bonnes pratiques sont identifiées, les outils sont simples et flexibles, les coûts sont bas. Non, lorsqu’il s’agit de budget participatif, nous l’affirmons : ce n’est pas la taille (de la commune) qui compte, c’est l’envie (de renforcer la pratique démocratique de son territoire).