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Faciliter l'innovation respectueuse de la vie privée des usagers de la RATP

Le contexte

Le groupe RATP a fait de l’innovation un marqueur fort de son ADN et un levier puissant de son développement. Le groupe RATP innove au quotidien pour :

  • Enrichir et faciliter le quotidien de ses voyageurs en France et dans le monde en proposant des solutions de mobilité performantes et sur-mesure,
  • Développer son excellence industrielle avec l’intelligence artificielle et la robotique,
  • Inventer et construire les villes de demain : durables, intelligentes, inclusives et agréables à vivre grâce à l’accélération de sa transition énergétique et à une politique ambitieuse d’aménagement urbain.

Cette volonté d’innover et d’adapter le groupe aux nouveaux usages s’accompagne de nombreuses réflexions sur l’éthique, la vie privée et la sécurité au travail. Notre mission était d’appuyer la cellule innovation pour mener une approche 360° de la mise en conformité des projets lancés.

Le challenge

« Permettre aux équipes de la RATP de proposer des solutions innovantes de rupture mobilisant les données (LIDAR, vidéos) et l’intelligence artificielle ouverte à de nombreux acteurs (chercheurs, startup, collectivités…), tout en adoptant une démarche protectrice de la vie privée des usagers des transports en commun. »

Le résultat

Clarifier et documenter la gouvernance des données, les droits d’accès des personnes, ainsi que les rôles et responsabilités des différents partenaires impliqués dans les projets couverts.

Produire la documentation réglementaire obligatoire

La gouvernance des projets a pu être consolidée, des éléments contractuels et de règlement ont été produits, en plus des informations obligatoires à destination des usagers

Notre approche

Nous avons intégré les équipes projet pour bâtir des éléments de conformité et le cas échéant intervenir sur les choix techniques opérés. Nous avons cherché à développer un argumentaire permettant de fixer un cadre protecteur réaliste en matière de protection des données à caractère personnel.

Les objectifs étaient donc de :

  • Qualifier et peser les risques des différents projets en proposant des solutions pondérées, priorisées et documentées susceptibles d’être mobilisées dans le cadre du RGPD.
  • Acculturer les différents membres de l’équipe, de leur donner des réflexes et des clés de raisonnement.

Nous sommes intervenus sur 3 types de projets différents.

1. Deux projets d’analyse d’affluence dans le métro : pour étudier et analyser les poches de voyageurs et leur positionnement sur les rames.

Il s’agissait de tester des outils d’intelligence artificielle pour détecter les grappes de personnes et estimer l’impact de ce regroupement sur la charge des rames et sur la fluidité du trafic. Tout l’enjeu résidait dans la faculté ou non d’utiliser les caméras de vidéoprotection déjà en place, de veiller à ce que les personnes soient correctement informées de l’expérimentation en cours et puissent s’y opposer.

Ces projets étaient particulièrement suivis dans la mesure où la RATP venait d’être épinglée par la CNIL pour son expérimentation en mai 2020 sur le port ou non du masque à la station Châtelet-Les-Halles.

L’expérimentation a eu lieu à la Gare de Lyon permettant aux usagers de la ligne 14 de connaitre en temps réel les taux d’occupation des quais.

L’ambition de ces expérimentations était de proposer des solutions innovantes susceptibles d’être mises en oeuvre lors de Jeux Olympiques en 2024.

2. Partenariat de recherche international pour capter et analyser les abords des couloirs de bus et de trottoirs

Ces espaces sont très particuliers car ils sont largement partagés par des véhicules (taxis, VTC, free-floating – trottinette ou scooter), vélos et véhicules de livraison. Mieux maitriser l’occupation des voies pour améliorer la performance du réseau de transport en commun, minimiser les conflits d’usage.

Pour cela, la RATP utilise :

  • Des données ouvertes (open data),
  • Un système embarqué dans le bus avec un traitement local permettant de réaliser des statistiques agrégées anonymes et des données de trafic en temps réel grâce à des données LIDAR.

Il s’agissait pour nous d’appuyer l’équipe sur la mise en œuvre concrète des droits des personnes au regard du RGPD (mention et modalités d’information), de travailler sur la nature des données conservées et d’assurer que les informations puissent être rendues disponibles aux chercheurs d’universités renommées, parfois basées aux États-Unis. Notre intervention a ainsi consisté en un audit complet, et des propositions de pistes de solutions pour que le projet puisse être expérimenté en toute tranquillité par les équipes de la RATP. Nous avons également travaillé sur l’anonymisation des données collectées par le dispositif.

Ainsi la RATP a pu expérimenter durant un mois, sur la ligne de bus 70, un dispositif d’analyse de la chaussée et du trottoir afin d’obtenir des données sur l’environnement urbain, en partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Le dispositif a permis de compter et d’analyser les flux des usagers qui se partageaient l’espace public, en temps réel, grâce à un capteur fixé à l’avant du bus et l’intelligence artificielle, les flux de la chaussée et du trottoir. L’usage de ces données a pour objectif d’améliorer l’expérience de voyage, comme la vitesse commerciale ou la régularité, et d’acquérir de connaissances fines sur les conditions de circulation. A terme, cette solution pourrait permettre de développer un outil d’aide à la décision afin d’optimiser les usages des espaces urbains.

3. Paris2Connect

L’essence même du projet Paris2Connect est de proposer une infrastructure connectée la plus ouverte possible à des expérimentations pour développer de nouveaux services. Des premiers cas d’usage sont déjà travaillés avec la Ville de Paris. Ils concernent la gestion du territoire et la mobilité connectée.

Des solutions ont été expérimentées pour  faciliter l’accessibilité de l’espace public aux déficients visuels, pour observer les mobilités. Prochainement, un service de mobilité autonome circulera sur le parcours Paris2Connect.

Pour les partenaires, il s’agissait de pouvoir tester in vivo des outils d’intelligence artificielle permettant de mesurer la gestion de l’occupation des voies, détecter un usage inapproprié de l’espace public (stationnement gênant par exemple), ou de détecter des obstacles sur la voie. La Ville de Paris souhaitait également expérimenter des technologies permettant l’intervention des services de propreté ou le contrôle de l’éclairage nocturne.

Pour la RATP, cette infrastructure sera également utilisée dans le cadre de l’expérimentation d’un véhicule autonome. L’infrastructure se compose de mâts accueillant divers capteurs (caméras, caméras thermiques, lidar (télédétection par laser), d’un système d’information auto-hébergé et à terme, un poste de surveillance/contrôle pour suivre les déplacements du véhicule autonome.

C’est la première expérimentation urbaine d’envergure en Europe, d’un véhicule autonome transportant des voyageurs en plein cœur de Paris entre la Gare de Lyon et la Gare d’Austerlitz. L’expérimentation grandeur nature de la mobilité autonome posait d’énormes questions sur les données collectées, les besoins des différents partenaires (publics, privés, constructeurs…), les modalités de sécurité liées aux données comme celles des passagers et donc les accès pour les personnels de la RATP.

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