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Photo de la scène de la table ronde

L’IA au cœur des enjeux de coopération internationale entre l’Afrique, l’Inde et la France

En amont du sommet mondial de l’IA en Inde qui se tiendra les 19 et 20 février à Dehli, l’ AFD – Agence Française de Développement a organisé une journée de réflexion et de rencontres autour des alliances Inde-Afrique-France le 28 janvier dernier. Dans un contexte international traversé par des tensions géopolitiques, notamment liées aux ressources, les invités ont pu partager leurs projets et leurs perceptions des défis à venir en matière de coopération et d’IA.

Madame la Ministre Éléonore Caroit soulignait à juste titre le paradoxe auquel est confronté le développement. L’intelligence artificielle est à la fois un levier pour adresser certaines problématiques liées aux ressources, tout en posant des problèmes de consommation d’eau et d’énergie. Cela implique de penser l’IA en termes de politiques publiques mais aussi en termes d’impact pour le développement.

Les échanges se sont structurés autour des trois piliers du sommet à venir : planet, people et progress. Ces trois thématiques, intrinsèquement liées, ne sont pas sans faire écho aux objectifs du développement durable. Voilà ce qu’on en a retenu !

AI for the planet

En ouverture, Henri Verdier , directeur de l’ Inria, rappelait que l’innovation n’est pas toujours un progrès et qu’en matière d’IA “la course au gigantisme n’est pas soutenable en termes d’énergie”. On explorait le sujet des data centers l’an dernier avec Cecile Diguet. Nozha Ben Hajel – Boujemaa expliquait quant à elle que le cycle de vie de l’IA est à évaluer dans son ensemble pour évaluer sa frugalité. Des modèles généralistes ne pourront jamais être frugaux. Les différents intervenantes et intervenants ont montré à travers des exemples concrets comment une IA souveraine et ancrée dans les réalités locales était le meilleur moyen pour en faire un outil utile et frugal.

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Gaurav Godhwani montrait par exemple que l’IA peut être un allié dans l’analyse des risques de catastrophes naturelles en temps réel pour aider les autorités locales à réagir. Adja Aminata Cissé Diop illustrait avec SOTILMA, comment une IA peut être adaptée à des contextes contraints pour piloter l’irrigation et cartographier les sols afin de faire face au stress hydrique. Ces deux key-notes ont montré que des infrastructures légères peuvent répondre à des problématiques très concrètes et faire la différence sur le terrain.

AI for people

Dans une perspective de développement, de nombreux acteurs cherchent à faire de l’IA un outil d’empouvoirement pour les populations. Cependant, Jeremy Lachal, président de Bibliothèque Sans Frontière, rappelait un autre paradoxe : actuellement 40% de la population mondiale n’a pas ou que peu accès à internet. L’IA en tant que tel ne peut pas résoudre cette problématique. Pour autant, en créant Kajou, Bibliothèque Sans Frontière a choisi de développer des technologies ultra légères, via des cartes SD, pour faire le dernier kilomètre et répondre au besoin de diffusion des contenus multimédia mais aussi en donnant accès des IA hors ligne grâce à des réponses pré-générées.

On l’a constaté aussi dans nos missions, notamment avec la plateforme numérique du Musée national de Guinée, les outils numériques ne peuvent avoir l’impact escompté s’ils ne sont pas adaptés aux contextes et aux infrastructures disponibles.

Kathleen Kallot faisait état du défi que représente l’infrastructure sur le continent africain. Que ce soit en termes de structuration ou de traitement des données, notamment pour mener à bien des politiques publiques, les calculateurs, serveurs et data center sont des éléments clés. Kathleen Kallot expliquaient comment, grâce à des mini data center alimentés via des énergies locales, et aussi en soutenant l’écosystème local, il est possible de relever un certain nombre de challenges. C’est également notre conviction, et on l’a expérimenté concrètement au Bénin avec le déploiement d’un serveur local au coeur de la Direction Générale des Douanes.

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AI for progress

Pour mettre véritablement l’IA au service du progrès, on a retenu quelques messages clés, partagés notamment par Lacina Koné fondateur de Smart Africa, Paulin Melatagia, Directeur de recherches, ou encore Boubacar Roger THIAM, Directeur de la promotion de l’Économie Numérique et des Partenariats au Sénégal.

  1. L’adaptation prime sur la dimension, il y a différentes façons de faire de l’IA, de l’adapter en fonction des pays
  2. La souveraineté consiste à faire des choix, pas à ériger des murs. La coopération, le partage des données et des infrastructures, sont des moteurs pour construire un numérique et une IA au service des populations, et du développement des pays
  3. La formation des ingénieurs et des chercheurs et la collaboration scientifique sont des enjeux majeurs pour l’innovation à venir.

Et vous, quelles sont vos convictions pour mettre l’intelligence artificielle au service des humains ?