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Une ethnographie de l’IA

Ce matin Manon a pu assister à un séminaire sur l’ethnographie de l’IA et on vous le raconte en quelques lignes !

Porté par les interventions de Camille Girard-Chanudet et Clément Le Ludec, ce séminaire revenait notamment sur le développement de l’IA à la Cour de cassation et la place des travailleurs de l’IA.

Côté Cour de Cassation, ce développement repose sur une chaîne de production complexe (annotatrices, data scientistes, développeurs, magistrats). Contrairement aux algorithmes à règles, les modèles d’apprentissage nécessitent des données annotées. L’enjeu est de produire des données exploitables tout en conservant la lisibilité juridique.

On retiendra trois points principaux de ces deux interventions :

➡️Le rôle central mais invisibilisé du travail humain. L’annotation manuelle est décisive mais délicate. La qualité des prédictions dépend de la qualité des données. Pourtant, ces travailleurs restent peu reconnus.

➡️ Il faut prendre en compte la chaine de valeur globale et enjeux politiques des données. L’IA repose sur une division internationale du travail (ex : zones pivot comme Madagascar), où les tâches d’annotation sont essentielles mais subalternisées. Cette organisation contredit le récit d’une IA autonome. Elle ouvre aussi la voie à des biais et manipulations.

➡️ La multitude d’enjeux théoriques et de régulation de l’IA
L’approche par la chaîne de production met en lumière la coordination des tâches, les résistances et les enjeux de régulation. L’IA apparaît comme un système sociotechnique situé, dont la valeur et l’éthique dépendent des conditions concrètes de production (organisation du travail, institutions, normes juridiques).


Merci au Laboratoire Fabrique de Pensée Critique • LFPC et à l’ Inria de proposer ces formats ouverts au public qui permettent à tous de mieux saisir les enjeux du numérique !